Université populaire

Le Cratyle

Conférence par Brigitte Boudon

 

Introduction

La linguistique contemporaine pense souvent que le langage est un système de signes arbitraires, sans attache naturelle avec la réalité. On en veut pour preuve l’existence de mots différents pour désigner le même objet et l’existence de langues différentes. Il semble pour le linguiste que le langage constitue un monde à part, dont la référence au réel est seconde, car ce qui est fonctionnel, c’est la discrimination des signes entre eux.

 

Or le sens commun admet que le langage est en rapport étroit avec la réalité. Il est même habituel de penser que le mot commande aux choses. Les objets que nomme le langage sont dits réels. Alors quel rapport a le langage avec le réel ? Le langage nous éloigne-t-il ou nous rapproche-t-il de la réalité ?

 

Pour tenter de répondre à cette question, nous nous tournerons vers Platon et son très beau dialogue Cratyle, dont l'interrogation est sur la justesse ou la rectitude des noms. D'où viennent les noms, du monde intelligible ou du monde sensible ?

Le Cratyle ou la théorie des Idées en gestation

De retour à Athènes, en 387, Platon fonde l'Académie où il commence à délivrer son enseignement. Peu de temps après, il compose le dialogue intitulé Le Cratyle, probablement entre 386 et 385 avant J.-C.

Le Cratyle annonce d'une certaine manière les œuvres de maturité de Platon. D'une part, il semble clore les dialogues comme le Gorgias et le Protagoras contre les Sophistes. D'autre part, il fait déjà voir et prépare la théorie des Formes ou des Idées que Platon expose, en pleine lumière, au Livre VII de La République.

Le Cratyle est un dialogue qui met en scène trois personnages, Socrate, Cratyle et Hermogène. Le sujet traité est celui de la justesse ou de la rectitude des noms, de leur caractère naturel ou conventionnel.

Deux thèses en présence

Deux thèses s'opposent : l'une, celle de Cratyle, consiste à soutenir que les noms sont justes par nature et qu'il existe pour chaque objet une juste dénomination.

"D'après Cratyle que voici, il existe une dénomination correcte naturellement adaptée à chacun des êtres : un nom n'est pas l'appellation dont sont convenus certains en lui assignant une parcelle de leur langue qu'ils émettent, mais il y a, par nature, une façon correcte de nommer les choses, la même pour tous, Grecs et Barbares." (1)

L'autre thèse, défendue par Hermogène, prétend que la nature n'est pour rien dans cette justesse, qui est affaire d'accord ou de simple convention entre les hommes.

"Ma foi, Socrate, pour ma part, malgré tous les entretiens que j'ai eus avec lui et avec beaucoup d'autres, je n'ai pu me laisser persuader que la rectitude de la dénomination soit autre chose que la reconnaissance d'une convention. A mon avis, quel que soit le nom qu'on assigne à quelque chose, c'est là le nom correct. (…) Car aucun être particulier ne porte aucun nom par nature, mais il le porte par effet de la loi, c'est-à-dire de la coutume de ceux qui ont coutume de donner les appellations". (2)

Nous avons donc deux thèses en présence concernant le choix des noms : celle d'Hermogène pour laquelle la justesse des noms n'est qu'une affaire de convention, aussi appelée  conventionnalisme :

"Pour ma part, Socrate, je ne tiens pas que la rectitude d'un nom soit autre chose que ceci : je peux, moi, appeler chaque chose du nom que je lui ai imposé ; tu peux, toi, l'appeler de tout autre nom que tu lui auras imposé. Il en est de même aussi pour les cités : je le vois, chacune nomme, d'une façon particulière des choses identiques, les Grecs en se distinguant d'autres Grecs, et les Grecs en se distinguant des Barbares." (3)

La thèse de Cratyle défend quant à elle que les noms sont justes par nature ; cette thèse est appelée aussi naturalisme :

"Par conséquent, s'il n'est pas vrai que tout soit similaire pour tout le monde en même temps et toujours, s'il n'est pas vrai non plus que chacun des êtres existe d'une façon particulière pour chacun, il est évident que les choses ont elles-mêmes une certaine réalité stable qui leur appartient et qui n'est pas relative à nous, qu'elles ne sont pas dépendantes de nous, entraînées çà et là par notre imagination : elles ont par elles-mêmes un rapport à leur propre réalité conformément à leur nature." (4)

Le mot "convention" s'oppose à celui de "nature". Les Sophistes grecs opposaient en effet les résultats de la convention, tenue pour arbitraire, aux produits de la nature. Selon eux, la loi, la vérité n'avaient aucun fondement naturel mais dépendaient de décisions individuelles ou collectives. Les Sophistes voyaient dans le langage lui-même, qui était pourtant leur arme, le produit d'une convention. Socrate assimile la thèse d'Hermogène au relativisme. Si c'est l'homme qui donne valeur et sens aux choses, il n'y a alors ni vérité, ni erreur, il n'y a rien que l'on puisse dénommer ou qualifier avec justesse. Ce qui sera proclamé grand par l'un, paraîtra aussi bien petit à un autre. Il en sera ainsi de tout. Il n'y aura plus moyen de dialoguer. Tout ce qui sera dit, sera également vrai ou également faux ou plus précisément ne sera ni vrai ni faux. Voilà pourquoi Platon, par la voix de Socrate, rejette le conventionnalisme.

Mais reprenons le déroulement du dialogue.  Socrate, appelé à arbitrer, soutient d'abord la thèse naturaliste de Cratyle et définit le nom comme un instrument qui sert à instruire et à discerner l'essence des choses.

 

Les noms sont faits pour instruire

Si les choses ont une existence stable, il en est de même des actes. C'est donc en conformité avec leur propre nature que les actes se font et non pas selon notre façon de voir. Par exemple, si nous voulons couper quelque chose, nous devons couper suivant la façon naturelle de couper et en employant ce qu'il faut pour couper.

Or parler, nommer les choses, est aussi un acte et le nom utilisé est un instrument qui sert à instruire et à distinguer la réalité. Il s'ensuit qu'il faut nommer les choses "suivant la manière et le moyen qu'elles ont naturellement de nommer et d’être nommées" et qu'un bon instructeur doit user du nom comme il faut, c'est-à-dire de "façon propre à instruire", comme un bon tisserand se sert comme il faut de la navette, c'est-à-dire de façon propre au tissage.

 

Etablir les noms est un art pratiqué par les législateurs

Ensuite, Socrate convainct Hermogène qu'établir les noms est un art difficile. Si la navette est l'œuvre du menuisier, de quel artisan le nom est-il l'ouvrage ? Qui fabrique les noms ?

La réponse de Socrate peut paraître étonnante : "Eh bien alors, Hermogène, établir un nom n'est pas l'œuvre de n'importe qui, mais celle d'un fabricant de noms en quelque sorte. Voilà ce qu'est, semble-t-il, le législateur, de fait, l'espèce d'artisan la plus rare au monde. (…) N'est-ce pas aussi le nom naturellement adapté à chaque chose que ce fameux législateur doit savoir transposer en sons et en syllabes, et, quand il fabrique et établit tous les noms, ne doit-il pas avoir en vue ce qui est le nom en soi, pour avoir autorité en la matière ? " (5)

Le législateur serait donc l'artisan le plus rare au monde du fait de la difficulté de son art. Et voici qu'apparaît dans la bouche de Socrate la notion du "nom en soi".

 

La tâche délicate du législateur

Pour Socrate, de même que le menuisier qui fabrique une navette pour le tissage a les yeux fixés sur la forme de la navette, la navette en soi, de même le législateur devrait savoir ce qu'est le "nom en soi", "le nom naturellement approprié à chaque objet" pour l'imposer aux sons et aux syllabes.

"Et Cratyle dit vrai : il y a par nature des noms pour les choses et tout le monde ne peut pas être fabricant de noms ; c'est seulement celui qui, le regard tourné vers le nom existant par nature pour chaque chose, peut transposer sa forme en lettres et en syllabes." (6)

Il y aurait donc pour chaque chose un nom unique mais qui se trouverait appliqué par le législateur à une matière sonore variable selon les lieux, d'où les variétés des langues.

De même que tous les forgerons ne travaillent pas le même fer tout en fabriquant le même instrument pour le même but, de même chaque législateur n'opèrerait pas sur les mêmes syllabes, chez les Grecs ou les Barbares, en donnant néanmoins à toutes la forme du nom requise par chaque objet.

 

Le législateur devra être guidé par le dialecticien

Et qui devra diriger et juger ensuite l'ouvrage du législateur ? N'est-ce pas celui même qui s'en servira ? Or celui-là est l'homme qui connaît l'art d'interroger et en même temps celui de répondre, c'est-à-dire le dialecticien.

Ainsi le nom, ouvrage du législateur, devra, pour être bon, être fait sous la direction du dialecticien ou de la dialectique. Socrate en conclut que Cratyle a raison de considérer les noms comme justes par nature et non par l’effet d'une convention. Il y aurait une seule juste dénomination pour chaque chose qu'imitent plus ou moins bien les noms des différentes langues.

A ce moment de la discussion, le dialogue de Platon comprend une section très longue, la moitié du dialogue, appelée souvent étymologique, particulièrement étudiée par les philologues, où Socrate explique à Hermogène l'étymologie d'un grand nombre de mots, communs et propres, dont nous donnons un très bref aperçu en annexe. Cette partie a fait l'objet de très nombreux commentaires et l'objet de nombreux désaccords…. Certains n'y voyant qu'une digression de peu d'intérêt. Tout au contraire, il nous semble que cette partie est le cœur du dialogue, puisque Socrate montre qu'aucun déchiffrement, aussi brillant, aussi philologique, aussi cohérent soit-il, n'est indépendant d'un choix ontologique éthiquement nécessaire.

La partie étymologique du Cratyle apparaît également comme une partie importante pour appuyer la valeur expressive des mots. L'usage des étymologies était très courant à l'époque, et Platon montre qu'il peut rivaliser avec ses contemporains. Platon exprime, au fond, son mépris envers les Sophistes, les phraseurs subtils et place la philosophie, et surtout la dialectique, discipline maîtresse, au-dessus du domaine du langage. Le dialecticien doit d'abord remonter aux choses, avec comme seule aide sa méthode, et se servir ensuite du langage, comme le démiurge se sert de la matière, en s'efforçant de le rendre adéquat à sa pensée.

Le dialogue reprend ensuite avec la question initialement posée sur ce qui fait la rectitude des noms.

 

Le langage n'est pas imitation du monde sensible

Socrate reprend une hypothèse lancée par Hermogène selon laquelle la justesse naturelle des noms pourrait se fonder sur leur valeur imitative.

"Mais alors, le nom est, selon toute vraisemblance, le produit d'une imitation vocale de l'objet que l'on imite, et nommer c'est imiter de la voix à chaque fois que l'on imite ?" (7)

Les noms ne seraient pas arbitraires car ils imiteraient les choses qu'ils désignent, telles les expressions «cocorico», «coasser» ou encore «miauler».

Socrate récuse une telle conception et revient de nouveau à l'existence du monde intelligible. Le mot n'est pas l'imitation de la chose dans ce qu'elle a de sensible mais dans ce qu'elle a d'intelligible. Ce n'est point de l'onomatopée, mais de la généralisation que le langage procède. Les langues ne paraissent pas s'être formées d'après le principe d'une semblable imitation. Les onomatopées n'ont d'ailleurs qu'une part très minime dans les langues. L'interjection, les onomatopées, les cris ou l'imitation des sons de la nature ne sont tout au plus que la matière brute de la parole. Le vrai langage commence quand cesse l'imitation grossière des objets et là où commence la pensée. Le langage est comme un habillage de la pensée.

"La rectitude d'un nom est ce qui, quoi que ce soit, indique la chose telle qu'elle est". (8)

 

Quelques objections à la thèse de Cratyle

En poursuivant son dialogue avec Hermogène, Socrate énonce toutefois quelques objections à la thèse qu'il défend, qui est aussi celle de Cratyle.

Ainsi, il admet que la convention a parfois joué un rôle dans la formation des noms ; il montre que le législateur peut être plus ou moins bon et les noms inexacts ; il souligne que l'auteur des noms a pu se régler sur une idée fausse des choses à nommer. Il arrive même à la conclusion que puisque les noms sont des guides peu fiables, et qu'il est possible de connaître les choses sans eux, il est préférable de partir des choses elles-mêmes, en se passant des noms….

"Mais alors, Cratyle, il est vraisemblablement possible de comprendre les êtres sans l'aide des noms ? (…) S'il est possible d'apprendre les choses au mieux  par les noms, mais s'il est aussi possible de les apprendre par elles-mêmes, laquelle des deux façons d'apprendre sera la plus belle et la plus claire : partant de l'image, l'étudier elle-même en elle-même, en se demandant si elle est ressemblante, et étudier du même coup, la vérité dont elle est l'image, ou bien, partant de la vérité, l'étudier elle-même en elle-même et se demander du même coup si son image a été convenablement exécutée ? (9)

Et un peu plus loin, Socrate en vient à dire :

"Bah ! savoir comment il faut apprendre ou découvrir les êtres, peut-être est-ce là trop lourde tâche pour toi et moi ! C'est déjà beau de reconnaître qu'il ne faut pas partir des noms, et qu'il vaut beaucoup mieux apprendre et rechercher les choses elles-mêmes en partant d'elles-mêmes qu'en partant de noms." (10)

Les deux adversaires Cratyle et Hermogène semblent ainsi renvoyés dos à dos.

Le dialogue du Cratyle se termine pourtant sur un questionnement sur la vision du perpétuel mouvement d'Héraclite et sur une ouverture à un prolongement nécessaire de la réflexion :

"Sujet d'étude difficile, je le crains ! Mais il n'est pas non plus très sensé d'avoir recours aux noms pour prendre soin de soi-même et de son âme, de se fier à eux ainsi qu'à ceux qui les ont établis pour soutenir, comme si l'on savait quelque chose, cette sentence qu'on aura prononcé contre les êtres et soi-même en particulier - que rien du tout n'est sain, que tout fuit comme vases d'argile - en un mot de croire que les choses sont dans l'état des gens enrhumés, qu'elles sont toutes soumises à un flux et à un écoulement. En conclusion, Cratyle, peut-être qu'il en est ainsi, mais peut-être pas. Il faut donc examiner la question avec vaillance et bien à fond, sans t'en laisser accroire (…) et si tu as trouvé après cet examen, tu devras me le communiquer." (11)

 

La Nature s'exprime par le langage, par le Verbe

 

Contrairement à la linguistique contemporaine que nous évoquions en introduction, la pensée traditionnelle défend l'idée que la Nature s'exprime par la voix humaine, notamment par l’intermédiaire des poètes. Pythagore enseigne que les noms ont un lien de nature, fusei, avec les objets qu’ils désignent. Dans toutes les traditions anciennes, on admet un rapport entre le nom et la forme, une correspondance entre les objets et leurs noms. Pour les anciens Grecs, le poète inspiré, quand il délivrait une parole, ce n’était pas pour tenir un discours arbitraire, ni même personnel. En lui s’exprimait la voix sacrée des puissances de la Nature. La Nature et ses lois entrent dans le discours, le logos, par le biais du langage, parce que celui-ci intrinsèquement la reflète.

 

Dans la tradition indienne, cette relation est nommée nama-rûpa (nâma¸le nom, rupa, la forme), relation indissoluble. Parler, c'est convoquer une réalité présente dans la Nature. Les mots qui désignent les dieux, convoquent les dieux. Parler des dieux, c’est déjà les faire advenir ici-bas. D’où la nécessité de modérer soigneusement son langage, de ne pas tenir un propos qui pourrait offenser les dieux et provoquer leur courroux. La Parole, Vac en sanskrit, est toujours pensée comme une puissance et, prononcée par les sages, elle engendre immédiatement un effet que même les dieux ne peuvent contrecarrer. La déesse Sarasvati, épouse du dieu créateur Brahma, est la parole créatrice.

 

Dans la conception traditionnelle, en vertu du lien de nature, le pouvoir de la chose se communique au pouvoir des mots. Le mot est donc magique par essence et le langage sacré.

 

Se tromper de nom est un acte qui a d'emblée une portée ontologique, de même que dire la vérité. Se tromper, c’est dire ce qui n’est pas. Dire la vérité, c’est dire ce qui est ; la vérité ramène la conscience à l’Etre.

 

Connaître les noms, c'est aussi connaître les choses. En conséquence, l’étude de l’étymologie n'est pas seulement utile pour fleurir le discours. Elle nous livre la clé de la signification des choses.  Il y a une sagesse secrète cachée dans les mots, une sagesse déposée dans les mots en vertu de leur propriété de révélation de ce qui est. Le souci de « bien dire »  n’est pas seulement une habileté à manier la langue. Il est possible de mener une recherche de la vérité contenue dans la langue, puisque celle-ci reflète la nature des choses.

 

Le langage, pont entre les mondes intelligible et sensible

 

Le langage est donc un intermédiaire entre les mondes intelligible et sensible, pour reprendre la terminologie de Platon. Le langage est par nature une abstraction. Pomme, casquette, pierre, ciseaux ou maison sont des mots qui peuvent s'appliquer à une quantité d'objets différents. Le langage est d'emblée dans l'ordre de la généralité et non de la particularité. On ne donne pas un nom particulier à chaque objet. Quand l'esprit nomme, il procède par catégorie d'objets. Il abstrait des propriétés et les rassemble sous un concept déterminé.

 

Nous savons que le mot n’est pas la chose. Il ne peut pas représenter la chose, ni la personne dans son individualité. Le langage ne peut pas atteindre ce qui surgit dans la nouveauté de l’instant, ce qui est unique dans la diversité infinie du monde.

 

Il y a donc deux manières de se représenter la réalité : il y a le monde relatif du changement, celui dans lequel nous vivons dans l’espace-temps, le monde sensible où toutes choses viennent à l’existence, se maintiennent et disparaissent. Le monde sensible est en proie au devenir incessant. Il y a le monde intelligible, celui des essences, monde absolu, intemporel et immuable, monde des essences. Le monde intelligible est celui de l’Etre dans son essence absolue et immuable.

Le langage est le lieu de passage obligé par lequel la pensée s’exprime, dans l’espace-temps, dans le monde relatif, et atteint ce qui est son objet propre, l’Idée, ou essence. Le langage est chargé d'affectivité, mais dans son contenu de pensée, il transcende la particularité de celui qui s’exprime. Le seul fait de s’exprimer élève la pensée au-dessus de la réalité sensible, parce que le langage est à la couture entre le sensible et l’in­telligible. Toute construction mentale enveloppe des idées et pas seulement des images, des souvenirs. Les Idées ont même une force qui se communique à celui qui les exprime et qui se partage avec celui qui les écoute. Le monde humain évolue à travers la puissance des Idées dans l’expression du langage. Non pas ce que ce soit le langage lui-même qui en soit la cause (le mot n’est pas la chose), mais il porte en lui la puissance de ce qu’il dit et cette puissance vient modifier la réalité.

 

Brigitte Boudon

Notes

(1) Cratyle, Platon, Editions Garnier Flammarion, page 67

(2) Ibidem, page 68-69

(3) Ibidem, page 72

(4) Ibidem, page 74

(5) Ibidem, pages 81-82, 83-84

(6) Ibidem, page 86

(7) Ibidem, page 152

(8) Ibidem, page 162

(9) Ibidem, page 186-187

(10) Ibidem, page 187

(11) Ibidem, page 189-190